Le lied

Origines du lied

Un lied (“lieder” ou “lieds” au pluriel) est un poème en langue allemande accompagné par un instrument. Au Moyen-Âge, c’est une simple chanson accompagnée au luth, ainsi qu’en témoignent les Minnesänger (Walther von der Vogelweide, par exemple), qui chantent l’amour courtois dans les cours du territoire germanique. Pendant la période baroque, des pièces vocales courtes prennent le titre de “lied” comme c’est le cas chez Telemann ou C.P.E. Bach. Le lied demeure néanmoins un genre secondaire face aux cantates, oratorios et autres opéras

 

Le lied classique

Le lied se développe avec le classicisme. Joseph Haydn écrit deux recueils pour les salons littéraires viennois. Mozart écrit 34 lieder sur des textes d’auteurs peu connus, excepté Das Veilchen (La violette) de Goethe. Beethoven signe le premier cycle de lieder en 1816 : An die ferne Geliebte (À la bien-aimée lointaine). Avec ces compositeurs, les chansons sans prétention des époques passées deviennent de véritables œuvres musicales.

 

Le lied romantique

Le romantisme donne au lied ses lettres de noblesse. Pour Schubert, mélodie, accompagnement et poème forment un tout psychologique, philosophique ou moral. Il écrit 600 lieder dont certains constituent un cycle, comme c’est le cas de Winterreise (Le voyage d’hiver), sur des poèmes de Wilhelm Müller. Il crée un monde expressif nouveau où musique et poésie s’imbriquent étroitement. 

Alors que Schubert peint la vie humaine dans ses différents aspects, Schumann avec ses 150 lieder décrit l’âme humaine et ses tourments. La psychologie féminine est au centre du cycle Frauenliebe und leben (L’amour et la vie d’une femme) sur des poèmes de Chamisso. Dans Dichterliebe (Les amours du poète), sur des poèmes de Heine, il traite de l’amour malheureux.

Toute sa vie, Brahms revient au lied. Il écrit 300 lieder pour voix seule, s’appuie souvent sur des poèmes populaires et étoffe le genre en composant des duos, destrio, et même des quatuors vocaux. Hugo Wolf dans les dernières années du xixe siècle écrit des lieder de plus en plus complexes.

La fin du romantisme donne au lied de nouvelles proportions. Gustav Mahler le mêle à ses symphonies. Richard Strauss en compose plus de 200, dont une trentaine avec accompagnement orchestral. Les Vier letzte Lieder (Quatre derniers lieder, pour soprano et orchestre) de 1948 constituent son testament musical.

 

Parmi nos enregistrements sur le thème du Lied:

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